Le capital sympathie de la région

Depuis le départ à Morges de son pote Mathieu Exhenry avec lequel il avait lancé, à peine mature, le Maxi-Rires Festival (MRF), Maxime Délez est seul aux commandes de la manifestation. Ce tournant a en fait été doublement béné­fique pour le Festival champérolain. Il a non seulement placé Mathieu dans les rouages huilés de Morges-sous-Rire tout en gardant la main sur la program­mation du MRF, mais aussi poussé Maxime à professionnaliser son comité.


Agent immobilier à succès dans la région, Maxime a la bougeotte. Il aime être partout et surbooké. Cette année, avec les intempéries de janvier et les dégâts subis à Champéry, il en a pris en plus pour son grade de pompier, occupé qu'il était sur tous les fronts. Mais il sait être vigilant et prendre garde à ne pas tomber dans le piège du surmenage. À l'agence, il peut compter sur des collègues précieux. Côté festival, il est épaulé par un comité excep­tionnellement dévoué et par plus de 200 bénévoles sans lesquels rien ne serait possible.

Né à Monthey, il rejoint Champéry dès l'âge de 3 ans. À 20 ans, il a avec son camarade de classe Mathieu l'idée de créer un événement unique capable de booster l'entre-sai­son dans sa région. En 2007, le Maxi-Rires Festival de Champéry vit sa première édition. Il est aujourd'hui un événement incontournable de la scène culturelle romande, que plusieurs milliers de festivaliers fréquentent chaque année à la porte de l'été. Pour ses 10 ans en mai 2017, le Festival a mis sur pied pas moins de 15 représentations sur 8 jours. « Les meilleurs humoristes francophones de la planète y sont soit venus, soit rêvent d'y venir. » C'est en tous les cas ce que clame haut et fort l'hyperactif parrain de la manifestation, Olivier Lejeune.

Maxime aime à rappeler l'apport phénoménal du Maxi-Rires dans la vallée puisque, hor­mis les 12'000 spectateurs qui ont fréquenté l'édition 2017, pas mal d'artistes au fil du temps sont « tombés en amour » avec Champéry, foi d'Anthony Kavanagh, l'un des hu­moristes les plus fidèles du Festival. Laurent Gerra adore aussi rejoindre le Festival quand son agenda le lui permet. Olivier de Benoist vient à Champéry en famille, quasi chaque hiver, tandis que Christelle Chollet rend souvent visite à sa chèvre restée en dépôt chez un paysan du coin après qu'elle l'ait reçue en cadeau en 2014, au terme de sa représentation.

On vous le dit, le monde qui sait rire, sait aussi apprécier le calme et la volupté d'un endroit aussi préservé et authentique que la vallée d'llliez. Ces personnalités sont autant d'ambassadeurs. À l'instar d'Olivier De Benoist qui a inculqué le virus de la région au fameux pâtissier français et animateur télé Christophe Adam.

Maxime, soucieux, de préciser que son Festival peut attirer un public très éclec­tique, à l'image des amoureux de la région, ajoute : « Certes, le rire est au centre de l'offre du Festival mais d'autres types de représentations prennent place à côté des stand-up comme des pièces de théâtres, des spectacles humoristico-pédagogiques à l'instar de Digest-Opera : Aïda animée par le duo Patrick Lapp et Jean-Charles Simon. Sans compter des spectacles dansants aux allures de cabaret. »

Il insiste beaucoup sur un autre aspect : « Le Maxi-Rires Festival fait la part belle aux jeunes talents. Des soirées Open Stage s'organisent fréquemment au Ziggy's bar dans la rue du Village pour que des humoristes en herbe prouvent leur potentiel ou pour qu'un humoriste confirmé saisisse l'opportunité de tester son spectacle. »

Le rayonnement de Champéry et de la val­lée s'est accru depuis que le Maxi-Rires a dit oui au Morges-sous-Rire lors de leur mariage de raison en décembre 2016. Mathieu Exhenry a participé à ce trait d'union qui garantit des retombées inestimables.

Ensemble, les deux manifestations pro­posent en 2018 plus de 50 spectacles de mai à juin, avec comme ambition non seu­lement de rayonner en Suisse mais aussi à l'international. L'argument « une pierre deux coups » est fait pour séduire les pro­ducteurs étrangers bien occupés à placer leurs protégés dans des circuits de repré­sentation complexes de par leurs agendas ultra-chargés.
 

"La retransmission en léger différé dont a pu bénéficier le Maxi-Rires Festival en mai 2017 sur la RTS Un a définitivement catapulté la manifestation dans le paysage médiatique."

Maxime Délez

La retransmission en léger différé dont a bé­néficié le Maxi-Rires Festival en mai 2017 sur la RTS Un a définitivement catapulté la manifestation dans le paysage médiatique de Suisse romande, lui conférant une aura dont peu d'événements peuvent se targuer. Cette marque d'intérêt fait prendre con­science à Maxime Délez que son Festival est entré dans une autre dimension, et que dorénavant de nouveaux défis se pré­sentent à lui. Il doit mieux se structurer et plus encore se professionnaliser pour pouvoir faire face à son positionnement unique : demeurer à taille humaine pour attirer tant des humoristes francophones in­ternationalement reconnus que les grandes foules, dans un écrin d'authenticité.

La voie de la réussite que le Maxi-Rires Festival semble emprunter doit bénéficier à l'ensemble des prestations culturelles de la région, des Rencontres Musicales, aux galeries d'art, en passant par les Mou­lins de la Tine et ses expositions. Que ce succès serve aussi de modèle à ceux qui souhaiteraient innover et étoffer l'offre culturelle de la vallée.