Dans la vallée, les anciennes habitations sont « tout en un ». Sous le même toit se regroupent les caves, l’habitation, l’étable et la grange, et celles-ci à toutes les altitudes. À côté ou isolé se dresse un petit grenier pour les réserves (matériel, bois, foin…).

L’étage inférieur est en pierre, la partie principale est en madriers et les pignons (dessous le biais du toit) sont souvent fait avec du bois de récupération (madriers, planches, poutres) ces parties sont rarement d’origine suite aux dommages causés par le vent et plus particulièrement le foehn.

Les toits « en sifflet »

Du faîte du toit jusqu’au fond du pan de toit, on compte une diminution de la surface de 8 à 13 %. C’est pour une plus grande protection de la façade, de la pluie et de la neige. Dans la vallée, notre réputation est de bénéficier d’un temps plutôt humide ! Et pour plus de luminosité à l’intérieur des pièces. Le sifflet est plus important côté aval que amont (hauteur de la façade).

Les galeries (balcons) sont construits avec des palins. Ces derniers sont régulièrement qualifiés de « dentelle ». Les motifs pour certains représentent des éléments de l’armoirie familiale, la représentation d’un hobby….  On associe par exemple les palins avec une tulipe au nom de famille Mariétan. Le motif se dessine sur deux palins et se visualise lors de l’assemblage (ce n’est pas le même motif à tous les étages).

« Le bras » poutre qui soutient le faîte (sommet du toit) en biais jusqu’à la paroi, est découpé sur un flanc et peint ou gravé. Dans notre vallée on y trouve la date de construction, des éléments de l’armoirie, les initiales des premiers habitants, le soleil, la lune et une étoile.

De chaque côté de la charpente, les poutres qui ressortent de la façade s’appellent « les chantignoles » elles représentent la signature du charpentier, chacun ayant son dessin privé qu’il découpe sur chaque construction.

Sous les avant-toits, côté pente, on construisait une « galerie à feuille » en planches simples, en biais. Il y avait deux raisons : on y séchait les feuilles récoltées dans les forêts en automne pour servir de litière au bétail et la prise du vent était ainsi diminuée sous la grande surface des pans de toit.

Dans la grange, la poutre qui soutient le faîte, s’appelle l’om (homme) elle est placée sur le mur ou la paroi maîtresse de l’étage inférieur, en général celle qui sépare l’habitation de l’écurie. Elle n’est pas nécessairement au milieu de la grange.

La cheminée en bois se nomme la borne. Elle est pyramidale et sa construction est une énigme. Il semble qu’elle soit construite par terre et ensuite relevée, posée sur un socle indépendant de la charpente-ossature du chalet, elle est construite au-dessus de la cuisine, c’est là qu’il y avait le potager à bois et la sortie de fumée du fourneau en pierre ollaire de la chambre. C’est à l’intérieur de celle-ci que l’on faisait fumer la viande pour une plus longue conservation. 

Le bois utilisé pour les constructions est le sapin pour Val-d’Illiez et Champéry, et plus souvent le mélèze à Troistorrents. La limite géographique des essences dicte les fournitures, le mélèze est rare dès 800 m.


Illustrations de l’exposition “Habiter le Val-d’Illiez”.
Une sélection de maquettes réalisées par des étudiants en architecture de l’EPFL.

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